Le Château des Comtes - Evêques de Melgueil

L’ancienne demeure épiscopale est aujourd’hui morcelée en 3 propriétés dont une est propriété de la commune, contenant chacune des éléments architecturaux datant du XVIe au XVIIIe siècle.

Château intérieurAu cours du XIe siècle, le rayonnement de Melgueil est incontestable. L'étang de l'Hort et celui de Palavas ne faisaient qu'un et la navigation était importante grâce aux graus qui favorisaient un commerce florissant avec l’Orient. Ses mines d’argent lui permettent de garder une monnaie forte dans tout le bassin méditerranéen. La maison de Melgueil profitant de ses relations avec les maisons de Toulouse, d’Auvergne et de Montpellier joue de ces alliances et s’entoure de gloire. A l’étroit dans leur château de bois, les comtes quittent la motte pour un château de pierre plus confortable à quelques mètres de là, sur le plan du château.

Avec le comte Pierre de Melgueil, une sorte de renonciation s’empare de la dynastie des Melgueil. Il se dessaisit peu à peu de ses droits, de ses biens, renonce à ses privilèges et fait don en 1085 de l’évêché et de son comté à l’église pontificale afin d’assurer le salut de son âme. Raymond II, fils de Pierre, tenta de rétablir l’indépendance des comtes en vain. Il fut excommunié et les papes considérèrent dès lors Mauguio comme une réelle possession, y faisant de nombreux séjours.

Couloir voûte châteauToujours autant prisé par les comtes de Toulouse et de Montpellier, le comté de Melgueil suscite querelles et alliances diverses. Le pape Innocent III décide en 1215 de confier le comté à l’évêque de Maguelone, mais c’était sans compter les nouvelles revendications des rois de France. Philippe IV le Bel entre dans le conflit, les papes installés en Avignon de 1309 à 1378 se désintéressent du comté de Melgueil pour ne pas déplaire aux rois de France, de plus en plus puissants. Ainsi abandonnés par la papauté, les évêques ne purent résister bien longtemps et le comté sera incorporé à la monarchie française sans aucune protestation.

Il ne reste donc plus aucune trace de l’époque médiévale dans le château.
Les seuls vestiges encore visibles datent du XVIIe siècle lors de la reconstruction du château vers 1626. On peut voir des fenêtres à meneaux, des voûtes à croisée d’ogives dans deux salles, des murs de gros œuvres, un escalier quadrangulaire, ainsi qu’une galerie à arcades.

La partie du château  située rue Diderot contient les éléments architecturaux les plus importants : un blason religieux du fin du XVe siècle avec un haut-relief représentant un lion au-dessus de la porte d’accès à la grande salle voûtée d’ogives complexes, également du milieu XVIe, nervurées d'éléments décoratifs : des liernes et tiercerons, un couloir voûté d’ogives et une tour d’escalier en vis octogonale (milieu XVIe). D’après une chronique, le château aurait contenu en 1280 : une grande chambre, une chapelle et une salle épiscopale puisque le comte Pierre de Melgueil fut également évêque de Maguelone.

Au 1er étage, des éléments du XVIIe siècle sont conservés : des plafonds à poutrelles, une remarquable cheminée monumentale à consoles de style Renaissance (un des rares exemples connu dans la région) et une croisée présentant un décor à pilastres d’ordre toscan.
Depuis 2010, l’ensemble du château est classé au titre des Monuments Historiques.