Lexique Camarguais

Bouvine

ABRIVADO : Autrefois, lorsque les moyens de locomotion n'étaient pas motorisés, on amenait les taureaux à pied jusqu'aux arènes, entourés de gardians à cheval.
Aujourd'hui, les taureaux arrivent en camion (char). Par tradition durant les fêtes locales, on parodie cette arrivée en faisant traverser le village à des taureaux spécialisés entourés de cavaliers eux aussi spécialistes du genre. Le jeu de la jeunesse consiste à faire sortir les taureaux de l'escorte (formée par les chevaux) pour qu'ils s'échappent. L'abrivado a lieu vers midi. La course se déroule dans l'après midi.

AFECIOUNA : Amateur passionné par tout ce qui concerne la Bouvine

ATTRAPAÏRE : Nom donné aux jeunes gens qui tentent d’attraper les taureaux au cours d’une abrivado

BANDIDO : La bandido désigne le trajet inverse à celui de l'abrivado. Elle représente le retour des taureaux vers les pâturages. Elle a donc lieu après la course.

BAYLE OU BAYLE-GARDIAN : C'est un gardian salarié.
Après le propriétaire, il est le responsable de la manade.
On dit aussi lou baffle, le chef. Synonyme : contremaître.

BIOU : Taureau de Camargue.

BOUVINO : Ce terme s'applique à tout ce qui a trait à la Tauromachie Camarguaise.

CAPELADO : Défilé des raseteurs sur la piste avant la course (paséo). Mot à mot " coup de chapeau ", est le moment où, juste avant la course, les raseteurs s'avancent sur la piste en deux colonnes et vont saluer la présidence des arènes au son de " Carmen ".

CARMEN : Prélude de l'opéra de Georges Bizet joué à chaque action d'un taureau, ainsi qu'à son retour au toril. C'est un honneur. Un taureau qui a fait une mauvaise course ne mérite pas Carmen.

COCARDE : Ruban rouge apposé sur le frontal du taureau et attaché avec une ficelle à chaque corne.

COCARDIER : Taureau de Camargue qui a fait preuve de ses qualités et de sa bravoure en piste. Sauf très rares exceptions, ce sont des bœufs. Il porte toujours un nom.

COUP DE BARRIERE : A l'issue du raset, un bon taureau poursuit le raseteur jusqu'à cogner contre la barricade.

CROCHET : Instrument servant aux raseteurs pour enlever les attributs placés sur la tête des taureaux.

ENCIERRO : Lâcher de taureaux dans les rues de la ville.

ESCOUSSURES : Incision faite à l'oreille du veau lors de la ferrade et qui caractérisera son appartenance,  puisque chaque manade a son escoussure personnelle.

FERRADE :
Marquage des anoubles (taureaux d'un an) au fer rouge sur la cuisse gauche à l'emblème de la manade, et sur le côté droit marquage du numéro d'identification de l'animal.
La ferrade consiste dans le marquage au fer des "anoubles". Ces jeunes reçoivent la marque de la manade à laquelle ils appartiennent et où ils sont nés.
La ferrade permet d'assister dans les près au travail des gardians qui à cheval, sans lasso, capturent le taurillon en l'encerclant et le maintenant près d'eux au bout de leur trident. La ferrade est un rite de passage pour les jeunes bêtes, aussi est-il prétexte à une fête où le manadier invite des amis pour un repas suivi de danses.

FESTO VIRGINENCO à Mauguio :
Lors de leur mise en place à Mauguio, en 1988 par la "Pichoto Camargo", les fêtes de la saladelle et la festo virginenco se déroulaient à deux périodes de l'année.
Par la suite, ces deux moments forts de la saison s'inscrivirent au centre de la fête votive melgorienne. C'est le premier dimanche  de la fête votive de Mauguio que nos jeunes filles âgées de 15 ans prennent le ruban pour la première fois. Le dimanche matin, une messe est dite en provençal et des offrandes sont offertes sur l'autel. A la sortie, le pain béni sera distribué aux fidèles et aux passants tandis que la Festo Virginenco se met en place.
La prise de ruban est un moment important de la vie d'une jeune fille. C'est le passage de l'enfance à l'adolescence qui appelle déjà l'âge adulte puisque autrefois, cette cérémonie signifiait l'entrée dans le monde des femmes. Les jeunes filles devenaient alors nubiles.
Instauré par Frédéric Mistral, qui souhaitait que ce rite de passage perdure dans chaque village,
chaque mas, chaque maison, la "festo virginenco" pour les jeunes filles nubiles (15 ans) correspond à la prise de ruban, c'est-à-dire au port de la coiffe. Dès lors, les jeunes filles pouvaient porter le costume de fête ou costume bourgeois, la chapelle de dentelle et son fichu de mousseline, la jupe longue en forme et l'eso aux étoffes précieuses, et surtout le ruban de velours.

FE DI BIOU : Expression traduisant l'amour que portent les gens de Camargue aux taureaux.

FICELLE : Dernier attribut attaché aux cornes du taureau que doit enlever le raseteur. Il y a plusieurs tours de ficelle par corne. La ficelle est placée à l'arrière du frontal et reliant les deux cornes.

GARDIAN : Gardien de taureaux à cheval. Employé de la manade qui a la charge de soigner les taureaux.

GAZE : Action de faire passer les taureaux au travers d'un cours d'eau.

GLAND : Pompon de laine blanc placé sur chaque corne à l'aide d'un élastique. Théoriquement le raseteur enlève le gland après la cocarde, toutefois, s'il arrive qu'il prenne le gland avant la cocarde, celui-ci lui est payé. Ce qui n'est pas le cas pour les ficelles.

MANADE : Elevage de taureaux Camargue.

RASET : Feinte en arc de cercle que dessinent les raseteurs pour passer devant le taureau. Plus le raset permet au taureau de poursuivre jusqu'à la barricade, plus il est beau.

RASETEUR : Professionnel habillé de blanc affrontant le taureau dans l'arène.

ROUSSATAÏO : Lâcher de juments et de chevaux dans les rues de la ville

SIMBEU : Taureau docile servant d'aide aux gardians pour déplacer la manade, et sur la piste, en montrant au cocardier le chemin pour retourner au toril. Il est reconnaissable à la cloche qu'il porte autour du cou.

TAU : Etalon

TORIL : Local dans lequel les taureaux sont enfermés en attendant la course.

TOURNEUR : Ancien raseteur, il attire le taureau pour le placer et préparer une course favorable au raseteur.

TRIDENT : Instrument du gardian et du manadier. Comme son nom l'indique, il s'agit de trois dents en fer situées à l'extrémité d'un long manche en bois.

TRIER : Isoler une bête au sein de la manade pour la conduire vers un endroit précis. Le tri des taureaux s'effectue toujours à cheval.